Une vitre cassée, c’est déjà un stress. Découvrir que votre assurance ne couvre pas ce que vous pensiez, c’est pire. Après des années à travailler aux côtés de clients victimes de bris de glace, j’ai vu défiler toutes les situations : le propriétaire qui pensait être couvert et ne l’était pas, le locataire qui ignorait que son assurance multirisque prenait en charge le vitrage, ou encore la personne qui a attendu une semaine avant de déclarer et qui a perdu le bénéfice de sa garantie.
Voici ce que vous devez absolument savoir pour déclarer correctement un sinistre bris de glace et maximiser vos chances d’être remboursé.
La garantie bris de glace : ce qu’elle couvre réellement
Les éléments couverts selon les contrats
La garantie bris de glace ne se limite pas aux fenêtres. Selon votre contrat, elle peut couvrir :
- Les vitrages des fenêtres et portes-fenêtres (la base)
- Les miroirs fixés aux murs
- Les plaques de cuisson vitrocéramiques ou induction
- Les panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques
- Les véranda et serres attenantes à l’habitation
- Les vitres de douche et parois de salle de bain
- Les aquariums (surprise dans certains contrats haut de gamme)
Ce qui est souvent exclu
Lisez les exclusions avec attention. Sont fréquemment exclus :
- Les dommages causés volontairement
- Les bris résultant de travaux que vous effectuez vous-même
- Les vitrages présentant des fissures préexistantes non déclarées à la souscription
- Les éléments en plastique (polycarbonate, plexiglas), assimilés à des vitrages mais souvent hors garantie
- Les bris survenus pendant une période de non-résidence supérieure à 60 ou 90 jours (vérifiez la clause “inoccupation”)
Locataire ou propriétaire : qui déclare quoi ?
C’est une source de confusion fréquente :
Locataire : votre assurance multirisque habitation (obligatoire) couvre normalement les vitrages dont vous êtes responsable. En cas de bris accidentel, c’est votre assurance qui intervient. Si le bris résulte d’un défaut de la fenêtre (joint défaillant, menuiserie vétuste), c’est au propriétaire d’intervenir.
Propriétaire occupant : votre contrat MRH couvre les vitrages. Vérifiez que la garantie bris de glace est bien incluse — certains contrats d’entrée de gamme la proposent en option.
Propriétaire bailleur : si le logement est loué, le locataire déclare via son assurance. Vous n’intervenez que pour les éléments structurels ou si la responsabilité du locataire n’est pas engagée.
Les délais à respecter absolument
Le délai de déclaration
La règle légale : vous disposez de 5 jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre pour déclarer un bris de glace à votre assurance. En pratique, la plupart des compagnies acceptent jusqu’à 10 jours, mais ne jouez pas avec cette limite.
Conseil terrain : déclarez dès le lendemain. Un sinistre non déclaré dans les délais peut entraîner une réduction ou un refus d’indemnisation.
Ne pas attendre pour le remplacement
Votre assurance peut vous demander de limiter les dégâts. Si vous tardez à faire réparer une fenêtre cassée et que des dégâts des eaux surviennent entre-temps (pluie, intrusion), la compagnie peut estimer que vous n’avez pas pris les mesures conservatoires nécessaires et réduire son indemnisation.
Faites intervenir un vitrier pour une mise en sécurité provisoire dès le premier jour si nécessaire — même avant la déclaration officielle. Gardez la facture.
Comment déclarer étape par étape
Étape 1 : sécuriser et documenter
Avant tout, sécurisez les lieux (voir notre guide sur la mise en sécurité après un bris de glace). Puis documentez :
- Photos et vidéos du vitrage brisé, prises sous plusieurs angles
- Photos de contexte : localisation du bris, accessibilité depuis l’extérieur
- Note des circonstances : date, heure, cause présumée (coup de vent, accident, intrusion…)
Si le bris résulte d’une tentative d’effraction, déposez immédiatement une plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Le récépissé de dépôt de plainte est souvent exigé par l’assurance.
Étape 2 : rassembler les pièces justificatives
Selon la cause du sinistre, préparez :
| Cause | Documents nécessaires |
|---|---|
| Accident domestique | Photos, témoignages si possible |
| Tentative d’effraction | Récépissé de plainte, photos |
| Tempête, grêle | Bulletin météo officiel, photos |
| Vandalisme | Récépissé de plainte |
| Cause inconnue | Photos suffisent généralement |
Les bulletins météo officiels sont disponibles sur le site de Météo-France. Certaines assurances disposent de services spécialisés qui les consultent directement — mais avoir vous-même la preuve est plus sûr.
Étape 3 : contacter votre assurance
Trois voies possibles :
- Par téléphone : rapide, mais pensez à noter le nom de votre interlocuteur, l’heure et la date, ainsi que le numéro de déclaration qu’on vous communiquera.
- Via l’espace client en ligne : de plus en plus d’assureurs proposent une déclaration en ligne avec upload des photos. Pratique et traçable.
- Par lettre recommandée avec AR : la méthode classique pour les sinistres importants ou si vous pressentez une difficulté.
Ce que vous devez communiquer :
- Vos coordonnées et numéro de contrat
- La date et les circonstances du sinistre
- Les éléments endommagés et leur localisation
- La cause présumée
Étape 4 : faire établir les devis
Selon les contrats, votre assurance peut :
- Vous imposer de passer par un réseau de vitriers agréés (tarifs négociés, prise en charge directe)
- Vous laisser choisir votre vitrier (remboursement sur justificatif)
- Mandater un expert pour les sinistres dépassant un certain montant
Si vous avez le choix, comparez les offres. Même avec un réseau agréé, vérifiez que le devis mentionne bien la classe de vitrage proposée — certains réseaux substituent le vitrage d’origine par un modèle moins performant pour réduire le coût.
Comprendre l’indemnisation
La franchise
Presque tous les contrats bris de glace comportent une franchise, c’est-à-dire la somme qui reste à votre charge. Elle est généralement de 50 à 150€ selon les contrats.
Piège fréquent : si le coût de remplacement est inférieur à votre franchise, l’assurance ne vous versera rien. Pour une vitre simple à 80€, avec une franchise à 100€, vous payez tout de votre poche. Pesez l’intérêt de déclarer dans ces cas.
La vétusté
Certains contrats appliquent un coefficient de vétusté sur les éléments remplacés. Si votre fenêtre avait 15 ans, ils peuvent réduire le remboursement de 30 à 40%. Les contrats “valeur à neuf” évitent ce problème mais coûtent plus cher à la souscription.
Le remboursement à l’identique ou en équivalent
L’assurance peut refuser de financer un vitrage plus performant que l’original. Si vous souhaitez en profiter pour passer du simple au double vitrage, ou du double vitrage standard à du double vitrage anti-effraction, vous devrez prendre en charge le surcoût.
Conseil : c’est souvent une bonne occasion de faire une mise à niveau. Certaines compagnies participent à une partie du surcoût si la demande est bien argumentée.
Cas particuliers
Le bris pendant les vacances
Si votre logement était inoccupé au moment du sinistre, vérifiez la clause “inoccupation” de votre contrat. Au-delà d’une certaine durée (souvent 60 ou 90 jours), certaines garanties sont suspendues. Pour les résidences secondaires, des contrats spécifiques existent.
La vitre du voisin brisée par vous
Vous avez cassé accidentellement la fenêtre de votre voisin (balle de tennis, échelle qui tombe…) ? C’est votre garantie responsabilité civile qui entre en jeu, pas la garantie bris de glace. Le principe est le même mais la procédure diffère légèrement.
Le bris lors d’une tentative d’effraction sans intrusion réussie
Même si le cambrioleur a été mis en fuite avant d’entrer, le sinistre est couvert. La garantie vol et effraction intervient souvent en complément de la garantie bris de glace dans ces situations. Déposez systématiquement plainte — cela renforcera votre dossier.
L’assurance du locataire refuse de payer
Si votre compagnie conteste la prise en charge, exigez un refus écrit motivé. Vous pouvez alors faire appel au médiateur de l’assurance (gratuit, délai 3 mois). Sa décision n’est pas contraignante pour vous mais l’est pour l’assureur dans la grande majorité des cas.
Les erreurs qui réduisent l’indemnisation
Erreur n°1 : jeter les débris avant les photos C’est la principale cause de litige. L’assurance peut contester la réalité ou la cause du sinistre sans preuve matérielle.
Erreur n°2 : faire les travaux avant la déclaration Vous perdez le bénéfice d’un éventuel passage d’expert. Pour les petits sinistres (sous 500€), cela n’a généralement pas d’importance. Pour les gros sinistres, attendez l’accord de l’assurance sauf si la sécurité est en jeu.
Erreur n°3 : sous-estimer le préjudice Listez tout : vitrage cassé, volet endommagé, dégâts des eaux associés (si pluie est entrée), objet endommagé à l’intérieur par les éclats. Tout ce qui est directement causé par le sinistre peut être déclaré.
Erreur n°4 : ne pas demander les documents au vitrier Pour être remboursé, vous avez besoin d’une facture détaillée (dimensions, type de vitrage, prix unitaire et total). Un simple reçu ne suffit pas.
Ce que fait un bon vitrier pour vous faciliter la vie
Un vitrier expérimenté qui travaille régulièrement avec les assurances sait ce qu’elles attendent. Il peut :
- Rédiger un rapport circonstancié du sinistre (utile pour les cas complexes)
- Fournir une facture conforme aux exigences des assureurs (références de normes, désignation précise des produits)
- Vous indiquer si le vitrage posé est conforme à la classe d’origine
- Intervenir rapidement pour la mise en sécurité provisoire (pose d’un vitrage temporaire, planche, bâche) avant la pose définitive
N’hésitez pas à lui demander explicitement s’il a l’habitude de travailler avec les assurances et s’il peut vous fournir les documents nécessaires à votre déclaration.
Ce qu’il faut retenir
Le bris de glace est l’un des sinistres les plus simples à déclarer, à condition de connaître les règles. Les points clés :
- Déclarez dans les 5 jours ouvrés
- Documentez avant de nettoyer : photos systématiques
- Vérifiez votre franchise avant de décider si ça vaut le coup de déclarer
- Demandez une facture détaillée à votre vitrier
- En cas de litige, le médiateur de l’assurance est votre recours gratuit
Si vous avez le moindre doute sur votre couverture, appelez votre assurance avant même l’intervention du vitrier. Cinq minutes de vérification peuvent vous éviter de mauvaises surprises.
Pour choisir un vitrier de confiance qui saura vous accompagner dans votre démarche assurantielle, consultez notre guide comment choisir un bon vitrier.

